Landrethun-le-nord

La commune de Landrethun-le-Nord, ainsi dénommée pour la distinguer de son homonyme de Landrethun-lez-Ardres, est un village du Boulonnais sur les limites du comté de Guînes, à l’ouest de Caffiers. De 1790 à 1801 il a fait partie du canton d’Hardinghen.  
On y voit, dans une lande stérile, au sud du village, sur les confins de la commune de Ferques, un monument de l’époque celtique, le seul de ce genre qui existe dans le Boulonnais. C’est une réunion de pierres debout, dont quelques-unes paraissent être des roches dénudés, restées en place, mais dont les principales, au nombre de trois,sont fichées en terre dans une position verticale. Ce fait, qui avait pu être mis en doute, a été constaté par M. Louis Cousin et par M. Boulangé, ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées, au moyen de sondages réguliers qui doivent inspirer toute confiance . Ce Cromlech dont plusieurs pierres ont été regrettablement mutilées, porte dans le pays le nom de La Danse des Neuches. Une tradition populaire qui s’y rattache prétend qu’une noce de paysans, qui dansait en cet endroit tandis que passait une procession du Saint-Sacrement, dédaigna de s’agenouiller, et que tous ceux qui en faisaient partie furent changés en pierre. On y montre le marié, la jeune épouse, le père, le notaire et même le violoneux . Près de là se trouve une motte d’environ 50 mètres de diamètre sur une hauteur de 5 à 6 mètres, et une fontaine dont l’eau se change en un vin exquis pour le vrai croyant en état de grâce, qui s’en approche à minuit la veille de la Saint-Jean. Ces croyances populaires fortifient l’opinion qui attribue à la Danse des Neuches le caractère d’un monument druidique ; et on croit la confirmer encore par le nom d’un ruisseau qui coule non loin de là et qui porte le nom de Les Bardes ou Hallébardes.

C’est en l’an 1119 que nous rencontrons pour la première fois le nom de Landrethun, sous la forme Landringhetum, tout-à-fait semblable à celle de son consimilaire de la plaine d’Ardres. Le mot signifie dans la langue anglo-saxonne l’enclos, ou le village, des enfants de Landry. Un ne tarda pas à le contracter en Landretum, déjà employé en 1157 pour désigner le même lieu, à propos du patronage de l’église, qui appartenait au chapitre de Thérouanne . En la même année, Baudouin de Landretum donne, à l’abbaye de Beaulieu, une rente de trois sous six deniers.

Ce village dépendait anciennement du vaste domaine de la maison de Fiennes, qui en possédait la dîme, comme la plupart des seigneurs laïques le faisaient, sur leurs terrés. Quand Ingelram de Fiennes se disposa à partir pour la Croisade, en 1189 ou 1191), il vendit la dîme de Landrethun-leNord (Lande rtunjuxta Fielneà) à l’abbaye d’Andres, qui la paya 70 marcs d’argent. Cette opération, approuvée par une charte de la comtesse Ide de Boulogne, dans le fief de qui se trouvait la dîme de Landrethun, et conséquemment, si je ne me trompe, le village lui-même, fut confirmée par une charte de l’évêque Didier de Thérouanne, conservée dans la chronique d’Andres . Le commentaire dont l’abbé Guillaume accompagne ces deux actes nous fait connaître qu’Ingelram de Fiennes avait acheté autrefois cette dîme à Baudouin deLo, son homme, et que s’il la vendait cette fois à l’église c’était pour accomplir son vœu de prendre la croix, chose pour laquelle il avait déjà amassé une grande somme d’or et d’argent. Ces expéditions coûtaient cher aux nobles seigneurs, qui y faisaient, à peu près tous, la guerre à leurs dépens. Mais que la possession de la chose vendue était précaire à cette époque Malgré les confirmations dont elle avait été l’objet de la part des autorités civiles et religieuses; malgré le consentement donné par Raoul de Fiennes à la cession faite par son frère Ingelram, la jouissance de la dîme de Landrethun fut contestée à l’abbaye d’Andres, par un certain Henri Malerbe,
qui n’y avait aucun droit, par Guillaume de Fiennes, fils d’Ingelram, et enfin par Baudouin Palmarius qui en réclamait une partie, en vertu d’un degré quelconque de parenté avec le donateur. L’affaire s’arrangea à l’amiable, au moyen de l’intervention de l’évêque Lambert de Thérouanne, qui obtint en 1200 le désistement d’Henri Malerbe, et au prix d’une somme de treize livres parisis payée au dernier réclamant en avril 1215. Le village de Landrethun-le-Nord a été ravagé par les Anglais, à la suite de leur expédition d’Audinghen, au mois de février 1544.

Son église, monument irrégulier qui présente quelques vestiges de l’architecture ogivale du XVIe siècle, était dans le doyenné de Wissant, avec Caffiers pour annexe. Comme presque tous les édifices religieux d’antique origine, elle est sous le vocable de Saint-Martin. Un de ses curés au dernier siècle, Nicolas Lefebvre, qui était de Boulogne et docteur en théologie, fut vicaire de Saint-Louis-en l’Ile, et bénéficier de Notre-Dame de Paris. Pourvu de la cure de Landrethun le 17 août 1703, il la résigna en 1710, après avoir obtenu un canonicat titulaire dans la cathédrale de Boulogne (29 novembre 1708). On garde encore avec reconnaissance le souvenir d’Antoine Calais, d’Audembert, dernier curé de Landrethun avant la Révolution. C’était un intrépide missionnaire qui, pendant cette époque néfaste, parcourut tout le pays, de ferme en ferme, sous divers déguisements, pour procurer les consolations de la religion aux fidèles qui manquaient de prêtres. Il est mort à Rinxent, au mois de septembre 1818.

Le village de Landrethun-le-Nord, dans le bailliage de Londefort, envoya comme représentants à Boulogne, pour les élections de 1789, les sieurs Lonquéty de la Routtière et Coze. Il avait alors 60 feux.

Hameaux et lieux-dits historiques

lo Cambreseque – 2° La Cédule; 3° Couderousse, appelé Couderuske, en 1286, dans le terrier de Beaulieu 4° Les Montaques, anciennement Montacre, dans le même document 5° Moyecques et Mimoyecques.

On trouve le nom de Guffroi de Moykes dans deux chartes de Guillaume de Fiennes, de l’an 1203 pour l’abbaye d’Andres . Ce lieu était, à la fin du XIIIe siècle, divisé en trois sections qu’on appelait Oist-Moieques, Midel Moieques et West Moieques, c’est à dire, Moyecques de l’Est, du milieu et de l’occident . Midel Moieques a fait plus tard Mimoyecques. La terre de Landrethun, Moyecques, etc., a été érigée en baronnie par Louis XIV, au mois d’août 1667, pour récompenser les services militaires de Daniel de Fresnoye